Blog vagabond, culturel et champêtre

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mercredi 4 février 2009

Message non reçu

Il m'arrive de rester totalement insensible face à certaines propositions des artistes contemporains, même si les discours qui entourent la mise en scène de leurs oeuvres ont des arguments pour me séduire.

J'ai ainsi déambulé sans ressentir la moindre émotion, sans entendre le moindre message, sans que mon cerveau ne soit titillé par quoi que ce soit d'un peu stimulant, entre les oeuvres de l'artiste américain d'origine Cherokee Jimmie Durham, exposées au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris jusqu'au 12 avril. Indifférence et ennui, voilà tout ce que m'évoquent ces "pierres rejetées" (c'est l'intitulé de l'expo), ces objets, bouts d'objets, abjets et déchets qui servent de matière première à l'artiste - petit goût de déjà vu, non ? - ces petites vidéos où l'on fabrique une "oeuvre" en lynchant un réfrigérateur ou en écrasant un lit avec une grosse pierre. Ennui et lourdeur, cet art conceptuel povera censé porter les messages métaphorisés à l'excès de l'artiste en posture hiératique de surplomb ironique. Les oeuvres elles-mêmes semblent s'ennuyer, comme gênées d'être exposées à la va-comme-ça-peut en attendant mieux. Et franchement, non, une pierre de 34 x 41 x 20 cm aux faces peintes en vert printemps et rose bonbon ne devient pas une oeuvre d'art simplement parce qu'elle est posée sur un socle de 55 x 48 x 35 cm dans un musée d'art moderne.

Je ferai juste une exception à ces propos sans nuance sur une exposition qui m'a mise de méchante humeur : j'aime bien l'
Arch de Triomphe for Personal Use, joyeusement décalé.

lundi 11 août 2008

Une expo belle et zarb en Limousin : Hubert Duprat

En allant voir l'expo Massive centrale de Hubert Duprat au Centre international d'art et du paysage de l'île de Vassivière (Limousin), je ne m'attendais pas à un tel choc sensoriel. Hubert Duprat, c'est cet artiste qui, dans les années 80-90, a fait réaliser des oeuvres assez époustouflantes par des larves aquatiques de trichoptères - si vous ne connaissez pas, il faut absolument découvrir ça.

Huit nouvelles oeuvres sont exposées sur l'île jusqu'au 25 octobre : quatre dans la nef, une dans la salle des études, une dans le petit théâtre et une dans le phare. Je vais en présenter cinq, par ordre d'étonnement croissant.

Là, c'est un amoncellement de plusieurs tonnes de magnétites naturellement aimantées, une oeuvre à la fois massive et scintillante où joue la lumière. On n'a pas le droit de toucher, dommage, j'aurais bien aimé jouer avec les aimants... A l'arrière-plan, une sculpture en calcite optique (appelée aussi "spath d'Islande"), un minéral très pur qui divise la lumière en deux rayons qui permettent d'avoir une double image, ordinaire et extraordinaire.



Là, je ne dirai rien tellement c'est beau




Quand on entre dans le petit théâtre, on a tout d'abord l'impression qu'il est vide : il faut lever la tête, l'oeuvre est au plafond, que l'artiste a recouvert de mica noir jointé avec de la pâte à modeler (ci-dessous trois photos, de plus en plus près).








Dans l'entrée, on peut découvrir une oeuvre en pyrite, une pierre appelée aussi "l'or des fous". L'intérieur forme une grande surface qui ressemble un peu à un miroir. Je n'ai pas pu m'empêcher de m'y mirer et de m'y photographier en train de me regarder m'y mirer. Voilà ce que ça donne (si vous me croisez dans la rue, vous ne pouvez pas me rater...) :



Autre oeuvre à découvrir en levant les yeux, dans le phare, après avoir fermé la porte pour laisser la lumière d'été dehors : une immense plateforme composée d'une multitude de tubes en PVC de dimensions variées et aléatoires, qui filtre l'éclairage zénithal du phare et modifie totalement les habitudes de perception.



Sous cette lumière, ma copine est devenue toute zarbi, comme ça :



alors que normalement elle est belle comme ça (à l'extérieur du phare)


Bon, d'habitude je ne fais pas si long. Mais cette expo, vraiment il faut la voir ! Demain, promis, un post en six mots...